Vallées inondables

Vallées de l’Oise et de l’Epte

L’Epte, l’Oise et ses affluents, s’écoulent au fond de larges vallées fréquemment inondées. Les inondations de printemps favorisent la pousse d’une végétation caractéristique et très diversifiée. Des programmes de promotion d’usages de ces milieux originaux menacés sont entrepris.


Inondations à Manicamp - Inondations à Manicamp Crédits : CRDP d'Amiens

L’Oise et ses affluents, de même que l’Epte, s’écoulent au fond de larges vallées qui ont la particularité d’être fréquemment inondées.

En hiver ou au printemps, les eaux peuvent sortir du lit mineur de la rivière pour s’étaler dans le lit majeur.

Dans la vallée de l’Oise, entre La Fère et Noyon, une crue peut ainsi recouvrir plus de 40 km2 du fond de la vallée.

Ces inondations, essentiellement d’origine naturelle, sont redoutables pour les constructions imprudemment implantées dans la zone d’expansion des eaux. En revanche, elles apportent aux milieux naturels semences et éléments nutritifs et favorisent l’épuration des eaux et le rechargement de la nappe alluviale.

Halte migratoire

Les inondations de printemps favorisent la pousse d’une végétation caractéristique et très diversifiée. L’achillée sternutatoire attire quantité de scarabées et de papillons, mais seuls quelques insectes visitent le séneçon aquatique, espèce toxique aux belles fleurs jaunes, ou la robuste œnanthe à feuilles de silaüs.

Au printemps et à l’automne, les prairies sont fréquentées par des flottilles d’oies, de vanneaux, de pluviers dorés, de bécassines et de grues cendrées en transit. Plus discrets, les râles des genêts ou les tariers des prés se faufilent dans les hautes herbes pour y confectionner leur nid. La cigogne blanche préfère nicher dans les arbres, du haut desquels elle peut surveiller son territoire.

Les bras morts et fossés, durablement submergés au printemps, sont propices à la reproduction du brochet et au développement de nombreuses libellules dont le gomphe vulgaire.

Régulateurs naturels

Pendant longtemps, l’homme a valorisé le fond des vallées en y fauchant les riches prairies humides et en y faisant paître son bétail. Aujourd’hui, ces milieux originaux sont en voie de disparition en Europe occidentale.

Largement minés par les extractions de granulats, ils souffrent également de l’évolution des pratiques agricoles (développement du maïs au détriment des prairies), de la plantation de peupliers et de l’urbanisation.

D’autre part, d’importants projets de barrages, visant à réduire les crues, ont menacé ces milieux fragiles.

Aujourd’hui, les secteurs inondables des vallées sont de plus en plus reconnus comme d’efficaces régulateurs de crues. Des programmes d’aide à l’agriculture extensive et la promotion d’usages de ces espaces, compatibles avec leur fonction d’expansion des crues, sont entrepris en vallée de l’Oise.

Manicamp, commune de l’Aisne située près de Chauny, dans une zone très humide, à la confluence entre l’Oise et l’Ailette, est représentative des problèmes d’inondations que la Picardie a connu depuis quelques années.

Les nappes phréatiques sont au niveau maximum, le sol ne peut plus absorber les précipitations, l’eau stagne en surface.

Contributeur(s) initial(ux)

Picardia ; Conservatoire des Sites Naturels de Picardie

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