Puits en Picardie

Typologie

Il reste environ 250 puits en pays de Somme sur quelques milliers. Ces petites constructions, de typologies variées, ont perdu leur fonction et leur utilité, mais continuent à agrémenter les villages.


- Puits de l'église à Hétomesnil Crédits : CRDP d'Amiens

En Picardie, la difficulté à se procurer de l’eau est inhérente à la perméabilité de la craie qui provoque une sécheresse structurelle importante.

Le forage des puits, jadis privilège seigneurial, fut par la suite réservé aux plus riches habitants. D’une profondeur moyenne de 50 à 100 m, le puits est d’un coût trop élevé pour appartenir à un seul individu.

Souvent les familles se regroupaient pour financer le forage d’un puits et son entretien. Puiser l’eau demandait aussi des efforts considérables.

Certains puits, comme à Auchy-la-Montagne étaient équipés d’un attelage de chevaux pour faciliter la remontée.

On distingue deux types de puits sur le plateau picard. Le premier a une forme de petit édifice, il est construit en pan de bois et recouvert depuis peu d’ardoises, de tuiles ou de bois.

Le second, tel celui d’Hétomesnil, sur le plateau picard, utilise des dalles monolithiques en craie magnésienne. Il est creusé devant une église en brique et en pierre des XVIIe et XVIIIe siècles.

Au sud de la Picardie, la craie disparaît et les conditions d’accès à l’eau potable sont plus faciles. Les puits sont nombreux fréquents et ont donné naissance à un style architectural recherché, avec appareillage soigné et ornementation variée.

Typologie des puits en Pays de Somme

En pays de Somme comme ailleurs, on a creusé depuis des millénaires pour atteindre la nappe phréatique et obtenir de l’eau. L’approvisionnement en eau se posait dès l’Antiquité et de nombreux puits répartis sur toute l’assiette urbaine existaient à Amiens lors de l’occupation romaine. Depuis 1950, le puits qui a perdu sa fonction, est parfois rebouché et seuls sont demeurés en place les édicules de surface, que par extension, on appelle encore puits.

Ces petites constructions constituent, aujourd’hui, un des éléments du patrimoine rural. Ils n’ont plus beaucoup d’utilité, mais ceux qui sont restés continuent à agrémenter nos villages.

Au XIXe siècle leur fonctionnement est très réglementé. Chaque commune de la Somme possède un ou plusieurs puits et souvent des puits de quartier. Pour les puits communaux, les grosses réparations sont à la charge des communes tandis que pour les puits de quartier, les usagers entretiennent les cordes et les chaînes.
En 1900, on estime à 3000, le nombre de puits dans le département de la Somme, aujourd’hui, il en reste environ 250.

Les puits en pierre


- Puits en pierre à Fresnoy au Val Crédits : CRDP d'Amiens

Quand le puits est en pierre, il revêt deux formes :

  • une margelle de pierre avec ossature de fer.
  • un ensemble de blocs monolithiques de pierre calcaire posés ou enchâssés les uns sur les autres. Rumaisnil (Namps-Maisnil) et le béton a quelquefois remplacé la pierre (Villers-Tournelle). Ce puits est celui que l’on rencontre le plus souvent dans notre département, localisé essentiellement dans le sud-amiénois (63 ex).

Dans le nord-amiénois, le puits en grès : il est constitué de dalles monolithiques de grès pour la margelle qui est surmontée d’une toiture avec des planches disposées en clin. (Molliens-au-Bois : mais aussi Talmas (4 ex) et Allonville (2ex).

Les puits en bois


- Puits en bois à Huppy

Quand le puits est en bois, il repose sur un soubassement en brique ou en grès. Il se présente la plupart du temps avec une partie basse souvent pleine et une partie haute à claire-voie pour assurer la ventilation (Fignières, Folleville), mais le puits peut être aussi entièrement à claire-voie sur la totalité de sa façade (Biencourt, Bezencourt). Ses formes sont variées : octogonale (Acheux-en-Vimeu), rectangulaire (Rambures), carrée (Aumâtre) et les toitures sont souvent à deux pans (en bâtière), à une seule pente ou en pavillon.

Mais le puits peut être aussi en galets, en brique, en parpaings, en fer et en torchis. Il peut aussi être constitué de plusieurs matériaux, et à double usage (puits et pigeonnier).

Les puits spécifiques


- Puits en brique à Longavesnes Crédits : CRDP d'Amiens

  • les puits incorporés dans les bâtiments de la ferme.
  • les puits de châteaux ou de musée.
  • les puits décoratifs.

Les puits se différencient avec leurs accessoires. Le treuil est associé aux manivelles qui sont souvent en fer mais aussi en bois (Huppy). La corde et le câble d’acier entourent le treuil. Quand la nappe est à une faible profondeur, on remplace le treuil par une poulie d’un maniement plus facile, qui peut être en bois ou en fer.

Quelquefois, une petite roue dentée est fixée sur le treuil qui entraîne une autre roue plus grande pour démultiplier l’effort et faciliter le travail de celui qui tire de l’eau.

Quant au crochet du puits, une sorte de grappin qui permettait de ramener le seau, il a pratiquement disparu.

A la fin du XIXe siècle, on a commencé à équiper les puits de pompes à bras, de chaînes à godets pour éviter la corvée d’aller chercher de l’eau au puits. Il est curieux de constater qu’il aura fallu presque 10 siècles pour en arriver là et supprimer définitivement cette corvée vers 1960, avec l’arrivée de l’eau courante dans les maisons.

Contributeur(s) initial(ux)

Picardia ; Guerville André ; Boulnois Alain

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