Liparis de Loesel

Le Liparis de Loesel ou Liparis loeselii de la famille des Orchidaceae, une petite orchidée en voie d’extinction.


Fleur d’orchidée, Liparis de Loesel - fleur d'orchidée Liparis de Loesel

Une petite orchidée

Si les espèces tropicales d’orchidées, poussant pour la plupart dans le creux des arbres remplis de déchets végétaux divers, sont les plus connues, les plus spectaculaires et dont la beauté des fleurs fait rêver, il existe également de nombreuses espèces indigènes des pays tempérés, plus discrètes.
Ce sont des plantes herbacées vivaces des bois et prairies calcaires, hautes de 10 à 70 cm et à floraison beaucoup plus modeste.

C’est dans ce registre de la discrétion que l’on peut classer le Liparis de Loesel, petite orchidée verdâtre mesurant de 5 à 25 cm, qui vit dans certaines zones humides d’Amérique du Nord (région des grands lacs), d’Europe occidentale et d’Asie.

Géolocalisation

En France, présente dans 12 Départements, on peut la trouver du niveau de la mer jusqu’à 1000 mètres. Les populations présentes en Picardie sont toutes localisées dans le département de la Somme, marginalement dans la vallée de la Somme (et en particulier dans les marais de Blangy Tronville et de Belloy sur Somme) et pour l’essentiel, en plaine maritime picarde où elle est connue dans les dépressions des dunes : les pannes dunaires. Elle se développe en marge de mares ou de dépressions en eau. Selon les années, elle présente un développement extrêmement variable : certaines années particulièrement arrosées, ses stations peuvent se trouver inondées et la plante ne se développera pas.

On peut donc comptabiliser le Liparis de Loesel parmi les « plantes à éclipse », sujettes à de très importantes variations de ses populations visibles. Elle fleurit chez nous principalement au mois de juin.


Le liparis de Loesel - Le liparis de Loesel Crédits : www.killikus.de

Une espèce en voie d’extinction

Le Liparis de Loesel a beaucoup régressé au cours des siècles passés ; signalé dans une trentaine de localités dans les départements de l’Aisne et de l’Oise au XIXe siècle, elle y est maintenant considérée comme disparue. Plusieurs populations aujourd’hui éteintes occupaient les tourbières des vallées de l’Avre et de la Haute Somme. La principale cause de la régression de l’espèce est liée à l’abandon des pratiques pastorales (pâturage et fauche) dans les marais, abandon qui a entraîné le développement de végétations hautes et de boisements sous lesquelles cette petite orchidée n’a pu survivre. Par ailleurs, la dégradation de la qualité des eaux (apports d’azote et de limons) dans les vallées a favorisé le développement de plantes banales au détriment de plantes de sols pauvres comme le Liparis.


Le liparis de Loesel - Le liparis de Loesel Crédits : Biopix: N Sloth

Les orchidées de la vallée de la Somme


Orchidée de la vallée de la somme - Orchidée de la vallée de la somme Crédits : CRDP d'Amiens

La Somme est un fleuve protégé sur toute sa longueur : Natura 2000, ZNIEFF, ZICO… Les orchidées sauvages repeuplent ses rives surtout les coteaux naturels que sont les larris.

Des espèces souvent très rares et très fragiles y prospèrent sur un terrain calcaire très peu boisé (orchis homme-pendu, orchis moucheron…). Elles sont naturellement toutes protégées.

Des solutions pour sa préservation

Un plan national d’action a été lancé en faveur de cette espèce menacée.
Depuis une vingtaine d’années, les actions de restauration d’un certain nombre de zones humides (restauration des pannes dunaires, déboisement dans les marais tourbeux de la Somme…) ont permis de reconstituer des conditions favorables au développement de plusieurs petites populations de Liparis relictuelles qui se maintenaient discrètement ou étaient restées en sommeil, sous la forme de graines ou de pseudobulbes, et attendaient des conditions plus favorables pour germer et développer leurs appareils végétatifs et reproducteurs aériens.

Ces actions, conduites par un ensemble d’acteurs ( Conservatoire d’espaces naturels de Picardie , Syndicat Mixte Baie de Somme Grand Littoral Picard, avec le concours du Conservatoire Botanique National de Bailleul), sont soutenues par l’Union européenne, l’État, le Département de la Somme et le Conseil régional de Picardie.

Description et usages traditionnels des orchidées

Étymologie et description

Le mot orchidée vient de orchis , testicule en grec, par analogie avec la forme de ses tubercules. En effet, les orchidées se propagent par des tiges souterraines ou des tubercules. Elles possèdent des feuilles alternes engainantes et des fleurs nombreuses et asymétriques en épis ou en grappes. Ces fleurs comprennent trois sépales colorés et trois pétales dont l’inférieur, généralement plus grand, présente d’innombrables variétés de forme et de coloris.

Elles sont aussi connues pour les adaptations étonnantes qu’elles ont développées qui favorisent leur pollinisation en attirant des insectes (comme chez les Ophrys, mouche, abeille et bourdon).

Les orchidées tropicales signifient sensualité et élégance, elles symbolisent rareté et luxe en Occident, amitié et sensualité dans leur pays d’origine.

De forme phallique, les tubercules sont des talismans de fertilité. Les bulbes digités à 5 doigts sont très recherchés aux États-Unis : petits, ce sont des amulettes qui étaient portées jadis aux chaînes des montres et qui aujourd’hui font office de pendentifs ou de porte-clés de voiture ; de taille plus imposante, ils sont enfermés dans un bocal d’eau de vie, d’eau de rose ou d’huile vierge placé sur le buffet.

Usages traditionnels

La fleur et le tubercule d’orchidée ont une utilisation médicinale.
Les propriétés adoucissantes, hydratantes et anti-oxydantes de la fleur lui confère des activités anti-âge appréciées.
Le tubercule de l’orchidée présente des propriétés anti-diarrhéiques grâce à la présence de mucilages. Il est aussi réputé sédatif et aphrodisiaque. Des compositions à base de tubercule d’orchidée sont utilisées dans les états de fatigue et lors de convalescences.

Le tubercule de l’orchidée bénéficie d’activités émollientes, adoucissantes et rafraîchissantes et antiseptiques utilisées en cosmétologie.

Les tubercules ont une valeur nutritive reconnue. Le salep d’Europe, fait avec des tubercules desséchés d’orchidées d’Europe, était une sorte de fécule alimentaire, légère et reconstituante que l’on cuisinait dans les états de fatigue et d’épuisement.
En Orient les tubercules d’ orchis mêlés d’épices sont considérés comme mets aphrodisiaque.

Contributeur(s) initial(ux)

Picardia ; Rigaux Thierry

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