Autoroutes et grands axes routiers en Picardie

Le réseau autoroutier et son intégration dans le paysage

L’autoroute est dévoreuse d’espace, synonyme de pollution et de bruits. Elle fractionne et modifie les paysages. Aujourd’hui, les sociétés d’autoroute se doivent d’aménager les abords immédiats de ces grands axes de communication qui sont des atouts pour le développement de la région.

Les autoroutes sont des instruments modernes de structuration de l’espace à disposition des aménageurs. Irremplaçables pour nos économies, dans notre vie quotidienne. Peut-on imaginer se déplacer sur le territoire français, en automobile, sans l’aide du réseau autoroutier ? Si celui-ci a été long à se constituer, l’effort s’amorçant dans les années 1970, il bénéficie ensuite de l’investissement et des initiatives régionales. Le trajet d’une autoroute impose donc une concertation interrégionale, un plan de financement à l’échelle nationale.

La construction de la chaussée proprement dite s’accompagne de la réalisation d’ouvrages d’art et des échangeurs avec les routes qui doivent la rejoindre, la réalisation d’un système d’écoulement des eaux.

Certaines nuisances ne peuvent pourtant être évitées (la consommation et la stérilisation de surfaces foncières, les émissions de polluants automobile, le bruit …).

Un moyen de découverte de la diversité des paysages et des régions.

L’environnement doit donc être respecté par le nouvel aménagement routier. Ainsi les sociétés d’autoroutes appliquent la loi du « 1% paysage » : 1% du budget de la construction d’une autoroute est utilisé pour l’aspect environnemental. La faune locale et ses habitudes sont prises en compte, des arbres nouveaux plantés le long des voies. Le principe de la concertation avec les riverains est généralisé.

Autoroute A1

L’autoroute A1 relie sur 211 Km, selon un tracé nord-sud quasi rectiligne, la capitale parisienne à Lille, la métropole du Nord, et au-delà d’importantes régions urbaines européennes. Ainsi cet Autoroute du Nord est l’axe routier le plus fréquenté de France, avec 150.000 à 300.000 véhicules roulant à la journée sur la portion quittant le périphérique parisien jusqu’à l’aéroport de Roissy. Ceci justifie sa construction précoce. 
Le projet originel ou Plan Prost de 1934 prévoyait déjà de relier « la Porte Maillot directement au Bourget sans difficultés appréciables de circulation » et de « recevoir tout le trafic automobile venant de Belgique ou du Nord de la France ». Celui-ci est réactivé au lendemain de la Libération, retravaillé, les travaux débutant en 1961. Un premier tronçon est ouvert à la circulation en 1964, avant que l’intégralité de la chaussée ne soit élargie au format 2 x 3 voies au début des années 1990.

l’A1 est aussi la première autoroute de Picardie par sa date d’ouverture (1964) comme par son trafic (50 000 véhicules). Traversant la région en étrangère, elle passe à 40 km d’Amiens comme de Saint-Quentin. Le même tracé ayant été retenu dans les années 1990 par la SNCF pour sa première ligne à grande vitesse, celle-ci court parallèlement à l’autoroute (à gauche). Ainsi se trouve confirmée la fonction de transit de la Picardie entre les deux « super-régions » de l’Île-de-France et du Nord-Pas-de-Calais.


L’autoroute A1 près de Combles - L'autoroute A1 près de Combles Crédits : CRDP d'Amiens

Depuis bientôt un demi-siècle donc, l’Est du département de la Somme peut être traversé par les automobilistes sans obligation pour leurs véhicules de quitter cette voie rapide. C’est une demi-heure d’un trajet au milieu des paysages ruraux, bouleversés par les préparations d’artillerie de la première Guerre Mondiale et uniformisés par la reconstruction qui s’en suivit.

Semi-enterré à l’intérieur de ces tunnels, ces trouées dans le sous-sol picard, le voyageur n’a que peu de repères pour apprécier de l’avancement de son trajet. Si ce n’est peut-être ces panneaux qui annoncent un monument remarquable, un événement, l’arrivée prochaine dans une région touristique. Ici, près de Combles, l’entrée dans le département de la Somme.


L’autoroute A1 près de Roye - L'autoroute A1 près de Roye Crédits : CRDP d'Amiens

 l’Autoroute A1 près de Roye . Au second plan, à droite, s’étale la partie occidentale de la zone industrielle de Roye (7 000 habitants, hors cliché vers la droite) qui profite de la proximité d’un échangeur (au centre du cliché entre l’autoroute et la ligne TGV). Parmi les nombreuses usines : Ferembal, qui fabrique des boîtes de conserves utilisées par les grandes conserveries de légumes de la région. À gauche : un vaste centre de transit pour camions regroupe entrepôts et installations logistiques (garage, restauration, hôtellerie) ouvertes en permanence. En bas de la vue, à droite, apparaît un fragment de la verdoyante vallée de l’Avre, ici dans sa partie extrême amont, à peine encaissée dans le plateau tabulaire du Santerre. 

Une aire autoroutière à Assevilliers dans la Somme


Aire autoroutière d’Assevilliers sur l’autoroute A1 - Aire autoroutière à Assevilliers sur l'autoroute A1 Crédits : CRDP d'Amiens

Située à mi-chemin de Lille et de Paris, cette aire de repos offre, outre les services habituels (vente de carburants, ateliers de réparation, restaurants, vastes parcs de stationnement), un complexe hôtelier (grand bâtiment blanc). C’est la plus importante aire autoroutière de France.

Elle est une étape appréciée par les nombreux poids lourds qui constituent l’essentiel de l’intense trafic de cet axe de circulation majeur reliant l’Europe du Nord à celle du Sud par la région parisienne.

La ligne TGV suit l’autoroute sur son flanc ouest, s’enterrant pour passer sous l’aire autoroutière. 

Autoroute A26

L’autoroute A26 , dite l’autoroute « des Anglais », est l’expression actuelle de la grande voie romaine qui reliait Reims à Boulogne-sur-Mer. Cette autoroute achevée dans les années 1980, constitue chronologiquement le deuxième des trois axes autoroutiers sud-nord traversant la Picardie (après l’A1 Paris-Lille et avant l’A16 Paris-Amiens-Calais). Le trafic est de 13 000 véhicules par jour.
Partant de Calais, passant à proximité d’Arras et de Reims et se terminant au sud-est de Troyes à son embranchement avec l’A5, elle fait partie du Grand contournement de Paris.

Elle intéresse les Picards, et plus particulièrement les Axonnais, en reliant Saint-Quentin à Laon, Laon à Reims. 

L’autoroute A26 peut-elle rivaliser avec l’A77 qui traverse la Seine-et-Marne et la Nièvre surnommée l’ autoroute de l’Arbre ? Chacune de ses aires de repos porte le nom d’une espèce, de nombreuses plantations jalonnant ses chaussées. Des zooducs permettent également le passage des animaux atténuant ainsi l’effet de coupure de l’espace.

La S.A.N.E.F, qui en a la concession, a soigné l’esthétique et a rencontré chaque commune concernée au moins 8 fois.


L’autoroute A26 près de Saint-Quentin - L'autoroute A26 près de Saint-Quentin Crédits : CRDP d'Amiens

L’A26 près de Saint-Quentin. L’autoroute franchit la vallée de la Somme, large d’environ 500 m, au fond boisé, troué d’étangs. À l’arrière-plan, elle laisse sur sa droite une ancienne briqueterie dont on voit la cheminée (nombreuses étaient ces usines en milieu rural qui transformaient l’argile à silex trouvée sous les sols limoneux au contact de la roche crayeuse). Sur la droite on voit l’extension extrême sud-ouest de l’agglomération de Saint-Quentin : Oestres à l’arrière-plan, Gauchy au premier plan. L’autoroute franchit le canal latéral à la Somme le long duquel s’est implantée une usine moderne. Elle recoupe au premier plan la grande voie ferrée Paris-Tergnier-Saint-Quentin qui mène vers Bruxelles, Rotterdam ou Liège, la Ruhr, Berlin.
 


L’autoroute A26 près de Laon - L'autoroute A26 près de Laon Crédits : CRDP d'Amiens

L’A26 est jalonnée par la ville de Laon près de laquelle on rencontre trois ouvrages d’art en l’espace de quelques centaines de mètres.

L’autoroute A26, en aval d’Abbeville - L'autoroute A26, en aval d'Abbeville Crédits : CRDP d'Amiens

L’autoroute A26 , en aval d’Abbeville et en direction de Calais. La S.A.N.E.F qui en a la concession a soigné l’esthétique. De nombreuses plantations d’arbres permettent à l’automobiliste de circuler dans les campagnes voisines sont avoir conscience qu’il est proche d’une autoroute. Bosquets, haies et bois la cachent à la vue. 

L’autoroute A26, une autoroute verte : récupération des eaux

Autoroute A 26, récupération des eaux - Autoroute A 26, récupération des eaux Crédits : CRDP d'Amiens

Sur son parcours, a été prévu un véritable aménagement du système hydraulique. La pollution due à la circulation automobile, les dépôts chimiques qui s’accumulent sur la chaussée sont drainés par les eaux de pluie et ces eaux sont récupérées dans des bassins de traitement avant tout rejet dans le milieu naturel. Ces bassins, installés tout au long de l’autoroute, servent donc de zone tampon qui permet de réguler le débit de sortie des eaux, de les décanter, mais également de stocker une pollution accidentelle.
A noter que les collecteurs, les bassins sont cachés à la vue des usagers de la route par la végétation, la pente du fossé qui longe la chaussée.

L’autoroute A16


L’autoroute A16 près d’Abbeville - L'autoroute A16 près d'Abbeville Crédits : CRDP d'Amiens

L’autoroute A 16 relie Boulogne et Calais à la région parisienne, en passant par Amiens. Un projet d’extension est prévu jusqu’à la Francilienne ; En effet, pour l’instant, le point d’entrée sur l’ile de France se situe à L’Isle-Adam.

L’autoroute A28


L’autoroute A28 près d’Abbeville - L'autoroute A28 près d'Abbeville Crédits : CRDP d'Amiens

L’autoroute des estuaires doit relier les grandes villes de la façade maritime de l’Europe de l’Ouest continentale, de Hambourg à Lisbonne. La section visible ici, dite A28 , franchit le lit canalisé de la Somme en aval d’Abbeville qui devient ainsi un noeud autoroutier à la jonction de l’A28 et de l’A16. Cette position favorable devrait permettre l’essor de la cité, jusqu’ici bien endormie.

L’Axe Clermont-Creil


Axe routier Clermont-Creil - Axe routier Clermont-Creil Crédits : CRDP d'Amiens

Cette route départementale est depuis le 14 février 2008 à quatre voies.

Cet axe supporte prés de 35000 passages par jour. Il est le second axe le plus fréquenté en Picardie après l’autoroute A1.

Le coût de cet aménagement est de 14 millions d’euros pour la Région, et autant pour l’Etat.

Contributeur(s) initial(ux)

Picardia ; Désiré Emmanuel (CRDP d’Amiens)

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