Laon

Préfecture de l’Aisne

Au VIe siècle, elle est surnommée Lugdunum clavatum (Laon fermée à clé). Laon, bâtie sur un site exceptionnel, est une place forte de renom jusqu’à la première guerre mondiale. « Tout est beau à Laon, les églises, les maisons, les environs, tout ! » (Victor Hugo)


Laon, vue aérienne - Laon, vue aérienne Crédits : CRDP d'Amiens

Code postal : 02000

Nombre d’habitants : 25986 en 2010


Gentilé : Laonnois, Laonnoises

Préfecture de l’Aisne

Communauté de communes du Laonnois

Laon doit sa fonction de préfecture à sa position centrale dans le département. Cité administrative, elle ne compte que 25 % de ses emplois dans le secteur industriel contre 75 % dans le secteur tertiaire. 

Le site


Laon - Laon Crédits : Natural Log (Creative Commons)

La cité axonaise est construite sur un site exceptionnel, une butte témoin qui domine la plaine environnante. La ville ancienne couvre le sommet d’une butte de 2,5 km sur 1 km et d’altitude maximale 183 mètres

Cette butte témoin de la cuesta du Lutétien, constituée de sédiments du Tertiaire inférieur, sableux à la base, calcaires au sommet, repose sur le plateau crayeux qu’elle domine d’environ 100 m.

Cette cité médiévale se dresse comme une forteresse naturelle. Un tel site, jadis favorable car site de défense de premier ordre, impose aujourd’hui de difficiles contraintes. La ville s’est dédoublée en une « ville haute » sur la butte et une « ville basse » sur le plateau.


Laon, le métro-funiculaire - Laon, le métro-funiculaire Crédits : CRDP d'Amiens

La gare est reliée à la vieille ville par un mini tramway à crémaillère automatique.

Histoire

Habitée depuis l’époque gauloise, Laon conserve, grâce à ses remparts et à son tissu urbain, une morphologie médiévale.

L’occupation de la ville haute débute avec l’époque gallo-romaine, vers les années 40 à 30 av J-C.

Dès l’Antiquité tardive, un castrum fortifié s’y installe, d’où son nom latinisé de Laudunum , où se retrouve la racine gauloise dunos , c’est à dire fort, forteresse.

Laon n’était pas un chef-lieu de cité à l’époque romaine mais saint Remi de Reims en fait un évêché au tout début du VIe siècle.

Site défensif reconnu, la ville devient un enjeu stratégique important dès le haut Moyen Âge. des remparts entourent la cité. Au XIIIe siècle, ceux-ci entourent l’ensemble de la ville haute, soit 6 km de murs au total.
A cette époque, les clochers dominent les toits de la cité, celui de la cathédrale en premier lieu. Édifiée à la fin du XIIe siècle, elle vaut à la ville de Laon son surnom de « Montagne couronnée ».


La cathédrale de Laon - La cathédrale de Laon Crédits : O.Wavermans, Creative commons

Résidence privilégiée des rois Carolingiens au Xe siècle, ceux-ci y trouvent un refuge dans leur lutte contre les précurseurs des Capétiens.

Bien que moins fréquentée par les souverains de la nouvelle dynastie, ces derniers n’en continuent pas moins à surveiller de près la cité. Ainsi, Louis VI vient châtier les acteurs de l’insurrection communale de 1112, révolte au cours de laquelle l’évêque est tué par les bourgeois de la ville.

Le pays subit les ravages de la Guerre de Cent Ans, pendant laquelle les Anglais incendient l’Abbaye Saint-Vincent (1359). La Renaissance y apporte son souffle, dont témoignent quelques édifices.

Les temps modernes voient se confirmer le déclin amorcé dès la fin du Moyen Âge.

À la fin du XVIe siècle, la ville paie son attachement à la Ligue, opposée à l’avènement de Henri IV au trône. Le roi, vainqueur, n’hésitant pas à faire raser tout un quartier, ordonne l’édification d’une citadelle pour punir et mieux surveiller les habitants.

De nombreux monuments sont construits ou remaniés aux XVIIe et XVIIIe siècles, comme le cloître et les bâtiments conventuels de l’abbaye Saint-Martin. Plusieurs établissements religieux changent d’affectation lors de la Révolution.

L’ancienne Abbaye Saint-Jean accueille ainsi la préfecture du nouveau département de l’Aisne.

La ville se modernise au XIXe siècle. Le chemin de fer s’y implante en 1857. Une activité économique densifie le tissu urbain. Une ville basse se déploie au pied du noyau ancien.

Les vocations scolaires et militaires de la ville sont renforcées par la construction de nouveaux bâtiments.

Laon est très touchée par les occupations de 1870, par la Première Guerre mondiale et par les bombardements de 1944. Mais le coeur historique reste relativement préservé des destructions.


Laon, vue aérienne - Laon, vue aérienne Crédits : CRDP d'Amiens

Laon est donc une ville double.
Au premier plan : le flanc boisé de la butte qui dessine un arc délimitant la ville haute, avec la cathédrale et le Centre administratif (à l’arrière). Au fond : la ville basse avec, à gauche, le quartier de la gare, les voies ferrés, une cité pavillonnaire, une zone industrielle, et, à droite, un grand ensemble d’immeubles collectifs type HLM


Laon, la cathédrale...et les lotissements - Laon, la cathédrale...et les lotissements Crédits : CRDP d'Amiens

Sur la butte que limitent de raides escarpements arborés escaladés par des routes en lacets s’est établie la ville ancienne, le coeur de la cité. C’est la « ville haute ».


Laon, vue aérienne - Laon, vue aérienne rapprochée Crédits : CRDP d'Amiens

On y voit la cathédrale et à la pointe orientale, le centre administratif.

Au pied de la butte, sur le plateau, s’étendent des quartiers récents qui rejoignent d’anciens villages. Au premier plan celui de Vaux-sous-Laon a été submergé par l’urbanisation.

À droite (nord) passent les voies ferrées qui bloquent l’extension de la cité dans cette direction.

La ville haute


Laon, vue aérienne - Laon, vue aérienne Crédits : CRDP d'Amiens

La ville haute est la ville historique, est ceinte de huit kilomètres de remparts agrémentés de nombreuses tours, portes et poternes. Son riche patrimoine (cathédrale, porte Saint-Martin, hôtel de ville, préfecture...), ses vieux quartiers, son centre commercial traditionnel aux étroites rues pavées lui donnent un cachet unique.

On y trouve aussi de vastes casernes aujourd’hui abandonnées (bâtiments à toits rouges sur le bord sud de la butte), l’école normale, devenue IUFM, (un peu en arrière à gauche des casernes), un lycée (en arrière à gauche de l’IUFM), un hôpital et une maison de retraite (en arrière à droite de l’IUFM), un centre administratif (bâtiment blanc à l’extrême droite de la butte).

La ville basse


Laon, vue aérienne - Laon, vue aérienne Crédits : CRDP d'Amiens

L’essor de la cité l’amena à descendre sur le plateau. Au premier plan : l’ancien village d’Ardon-sous-Laon avec, sur sa gauche, la station d’épuration des eaux usées de l’agglomération. Il s’étend par des pavillons jusqu’à la grande route qui contourne la butte par le sud. Au-delà de celle-ci s’étend la ZAC (zone d’aménagement concerté) d’Île-de-France qui juxtapose immeubles collectifs et pavillons individuels.

L’urbanisation contourne la butte vers son pied nord (arrière-plan) avec le quartier de la gare et les cités de cheminots (au-delà des voies ferrées) à droite desquelles commence la zone industrielle.

Le développement

C’est surtout dans l’après-guerre que les faubourgs se développent au pied de la butte et que de nouveaux quartiers sont créés. Ces faubourgs concentrent aujourd’hui la majorité des presque trente mille habitants de la ville et des activités économiques.

De 15.000 habitants en 1900, sa population est passée à un peu plus de 20.000 en 1936, puis 25.000 en 1960, culminant à 28.000 dans les années 1970.

Des quartiers entourant la gare se sont adjoints des immeubles, ces barres typiques des banlieues.

La zone industrielle abrite les usines Pirelli (câbles et fibres optiques, 350 emplois), Atal (mobilier métallique, 250 emplois), Noirot (appareils ménagers, 200 emplois).

Visiter Laon

« Tout est beau à Laon, les églises, les maisons, les environs, tout » s’enthousiasmait Victor Hugo. sur une butte témoin,

La ville de Laon représente le plus grand secteur sauvegardé de France. Au total, plus de 80 monuments historiques s’élèvent dans la cité. Construite de 1150 à 1230 environ, la Cathédrale Notre-Dame constitue l’un des édifices les plus remarquables du premier gothique.


La cathédrale de Laon - La cathédrale de Laon Crédits : Hervé M.

Le Palais épiscopal qui jouxte la cathédrale a conservé le charme du Moyen Âge. Sur le parvis, l’Hôtel Dieu est parmi les plus anciens hôpitaux de France encore conservés.

Contributeur(s) initial(ux)

Picardia ; Carême, Claude

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