Abbaye de Longpont

Abbaye cistercienne fondée en 1131

Fondée en 1131 à la demande de l’évêque de Soissons, l’abbaye a été occupée par des moines cisterciens. Elle a subi comme nombre de chefs d’oeuvre architecturaux picards les conséquences de tous les conflits.


Abbaye de Longpont - Longpont, l'abbaye Crédits : CRDP d'Amiens

L’histoire

En 1131, Gérard de Chérisy et son épouse, Agnès de Longpont, à la demande de l’évêque de Soissons, Joscelin, fondent l’abbaye de Longpont sur le site d’un village implanté à l’orée de la forêt de Retz.

Les moines cisterciens, envoyés par saint Bernard, occupent d’abord des bâtiments préexistants.

En 1144, Raoul de Vermandois finance la construction de la première église abbatiale dont il ne subsiste pas de traces.

Sous la protection de l’aristocratie locale, la communauté bénéficie de legs et de donations et prospère rapidement, de telle sorte que l’abbaye, devenue insuffisante pour le nombre des religieux, doit être reconstruite dès le début du XIIIe siècle.

La nouvelle église est dédicacée le 24 octobre 1227 par l’évêque de Soissons, Jacques de Bazoches, en présence de Blanche de Castille et du roi Louis IX.

Après une période de prospérité, la communauté subit à plusieurs reprises le contrecoup des conflits qui affectent la France à partir de la guerre de Cent Ans.

L’abbaye est plusieurs fois pillée puis en 1568, endommagée par les Protestants.

Enfin en 1724, un grave incendie qui n’épargne que l’église, entraîne la destruction de la plupart des bâtiments conventuels et leur reconstruction ou aménagement dans le style de l’époque.


Abbaye de Longpont - Longpont, l'église de l'abbaye Crédits : CRDP d'Amiens

Vendue à la Révolution comme bien national, l’église abbatiale est progressivement détruite pour servir de carrière de pierres, jusqu’à son rachat en 1831 par le comte de Montesquiou qui s’était déjà porté acquéreur des autres bâtiments quelques années auparavant. Les éléments encore subsistants de l’abbaye sont gravement endommagés par les bombardements de 1918.

L’église abbatiale, longue de 106 m, est composée d’une nef bordée de collatéraux et d’un transept de 52 m de large suivi d’un choeur. Ce dernier est entouré d’un déambulatoire qui donne accès à sept chapelles rayonnantes de forme semi-circulaire.

Les mesures de l’édifice qui sont approximativement celles des cathédrales de Laon et Soissons peuvent sembler excessives pour l’usage exclusif d’une communauté religieuse même nombreuse. En effet, jusqu’au XVIIIe siècle où un autel paroissial fut installé dans un bas-côté, les laïcs n’étaient pas admis à l’intérieur de l’église.

Cette disposition de l’espace et ces vastes dimensions répondent aux contraintes de la liturgie cistercienne : les moines occupent le choeur et le transept tandis que la nef est réservée aux malades, infirmes et convers. Ce plan homogène et fonctionnel a servi de modèle pour les constructeurs d’autres églises cisterciennes comme Royaumont, Vauclair ou Ourscamp.

L’influence de la cathédrale de Soissons est également sensible dans l’élévation à trois niveaux de l’édifice (grandes arcades surmontées d’un triforium aveugle puis par l’étage des fenêtres hautes), rendue toutefois avec la sobriété particulière de l’architecture cistercienne. La même influence adaptée aux prescriptions de l’Ordre se lit dans la façade dépourvue de tours, percée de trois petits portails (à l’origine précédés d’un narthex) et dont le décor se concentre dans la partie haute de l’élévation, ajourée d’une grande rose dont le remplage a disparu.

Les bâtiments abbatiaux s’organisaient autour du cloître construit au sud de l’église. De l’époque médiévale, il subsiste au sud, un exceptionnel chauffoir à cheminée centrale et à l’ouest, le cellier autrefois surmonté du dortoir des convers. Une partie du cellier abrite aujourd’hui l’église paroissiale de Longpont.

Le domaine


Porte du domaine de l’abbaye - Longpont, la porte de l'abbaye Crédits : CRDP d'Amiens

Le domaine de l’abbaye était entouré d’un mur d’enceinte, percé au nord-ouest d’une porte fortifiée qui commande toujours l’accès à la rue principale du village.

Cette porte, généralement datée de la seconde moitié du XIVe siècle, est traversée par deux passages parallèles : l’un charretier, et l’autre piétonnier.

Sur la façade externe, trois échauguettes identiques à toit conique en pierre permettent la surveillance de ces passages. À l’étage, desservi par un escalier à vis caché dans une tourelle latérale se succèdent alors deux pièces destinées vraisemblablement à la garnison.

Au XVIe siècle, ce châtelet d’entrée fut agrandi au revers par une construction en pan de bois et brique puis en façade par une autre en pierre ornée des armes de l’abbaye, portant à trois le nombre des pièces de l’étage. À moitié détruite au cours de la Première Guerre mondiale, la porte fortifiée a été en partie rebâtie et restaurée à l’identique. 

Contributeur(s) initial(ux)

Picardia ; Riboulleau Christiane

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