Élevage bovin en Picardie

La Picardie n’est pas une grande région d’élevage. Les productions végétales y assurent les trois quarts de la valeur de la production agricole totale. L’élevage bovin est cependant l’activité dominante dans les pays verts et bocagers de Thiérache et du Pays de Bray.


Elevage, Thiérache

Paysage de la Thiérache traditionnelle : une prairie naturelle sur laquelle des vaches laitières se nourrissent seules à l’année.

Apparu au VIIe siècle avec les grands monastères bénédictins et grands défrichements dans la région de la Thiérache, le bocage s’impose peu à peu au cours des siècles. À la fin du Moyen Âge, les prés communaux disparaissent au profit des troupeaux individuels. Les « hayures » se multiplient dans le paysage et les prairies sont encloses. Sous l’Ancien Régime, le territoire se spécialise dans l’élevage et la prairie domine. En 1770, un édit de Louis XV étend le droit d’enclore, suivant la mode anglaise.

Une pâture à Lavaqueresse (Aisne)

 
Pâture en Thiérache - Pâture en Thiérache Crédits : CRDP d'Amiens

Enclose d’une haie constituée d’arbustes au premier plan, ou d’arbres à l’arrière-plan, la pâture est piquetée de pommiers. Avec leurs fruits, on confectionne un cidre réputé.

Aujourd’hui, les parcelles sont souvent labourées et semées en herbe, les vaches étant maintenues à l’étable.

Thiérache, pâture près de Malzy


Pâture en Thiérache - Pâture en Thiérache Crédits : CRDP d'Amiens

Malzy, dans le canton de Guise, comme la plupart des villages de Thiérache, a connu un important mouvement d’arrachage des haies, facilité par sa situation de fond de vallée.

Les clôtures de barbelés, s’y installent plus facilement pour fermer les enclos.

Au premier plan, une ligne de saules accentue le couvert végétal, mais celui-ci est très lâche. Au loin, la ligne boisée est due à la présence de l’Oise qui a incisé le plateau.

Élevage dans le Ponthieu


Stabulation libre dans le Ponthieu - Stabulation libre dans le Ponthieu Crédits : CRDP d'Amiens

L’élevage existe aussi plus discrétement dans d’autres régions agricoles de Picardie comme le Ponthieu et le Vimeu.

Dans ces régions céréalières, certains agriculteurs ajoutent à leurs productions végétales un atelier d’engraissement de bovins ou un troupeau de vaches laitières.

L’élevage en plein air, sur pâtures naturelles, a souvent été remplacé par la stabulation : l’herbe et les aliments industriels sons livrés à la vache à l’étable.

La paille


Bottes de paille - Opération paille Crédits : CRDP d'Amiens

La sécheresse du printemps 2011, installée sur l’Europe de l’Ouest, est à l’origine du classement de 62 départements français dans l’état de « calamité agricole ».

Ce déficit hydrique exceptionnel est à l’origine de graves difficultés pour les exploitants français. Les éleveurs sont alors particulièrement affectés.

Certains d’entre eux, n’ayant pu nourrir leurs animaux, sont contraints de faire abattre une partie de leur cheptel vif.

Le ministère de l’Agriculture et les syndicats agricoles, la F.N.S.E.A.(Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles ) et les J.A.(Jeunes Agriculteurs), mettent en place un plan de solidarité, « l’opération paille ».

À Vermand, dans l’Aisne, on pouvait voir des tas de ballots, stockés au bord de la parcelle moissonnée.

Dans les sept derniers mois de l’année 2011 et après les moissons de l’été, 900000 tonnes de paille ont été transportées à destination des élevages en danger pour combler le déficit de fourrage.

La paille a remplacé le foin manquant pour l’alimentation ou les litières des animaux.


Paille - Opération paille Crédits : CRDP d'Amiens

Le rail transporte 20 % de la paille attendue par les éleveurs, le reste, soit plus de 31.000 semi-remorques, sont acheminés par la route.

Selon la F.N.S.E.A., la mise en place de partenariats avec de nombreux acteurs (transporteurs routiers, SNCF, ministère de la Défense, sociétés autoroutières, forces de gendarmerie et de police, collectivité territoriales, etc.) a rendu possible cette Opération paille . Celle-ci a permis de maintenir le prix de la paille à un niveau raisonnable, soit 90 et 125 € par tonne rendue sur l’exploitation (aide des collectivités non déduites) et d’éviter la spéculation.

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Picardia

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