Dangers des décibels et comment s’en protéger

Conseils pratiques

Écouter de la musique est avant tout un plaisir, mais peut être un danger. Dans un contexte d’augmentation du temps d’écoute, des sources d’exposition mais aussi des volumes sonores, nos oreilles sont de plus exposées et les risques d’endommager notre audition plus fréquents. 

Si le fait d’écouter de la musique est avant tout un plaisir, il faut aussi avoir conscience que cela peut être un danger. Dans un contexte d’augmentation du temps d’écoute, des sources d’exposition mais aussi des volumes sonores, nos oreilles sont de plus exposées et les risques d’endommager notre audition plus fréquents.


Mais ces risques ne sont pas une fatalité : il suffit d’adopter quelques bons réflexes pour préserver son capital auditif. A partir de quand les risques existent-ils ?


Il faut tout d’abord savoir que chacun réagit différemment face au son. Cette inégalité face au son est soulignée par le docteur Buche, co-auteur d’une étude réalisée en 1997 et intitulée « Prévention des traumatismes sonores des musiques amplifiées » : « On a réussi à mettre en évidence que sur deux musiciens du même groupe, ayant donc eu une même exposition, l’un développe une grave atteinte et pas l’autre ». On estime pourtant que le risque existe à partir d’un niveau sonore de 90 décibels (dB). Cependant, la douleur n’apparaît qu’à partir de 120 dB, soit à un niveau 1000 fois plus élevé que le seuil de risque (l’échelle des dB étant logarithmique). Les lésions peuvent survenir sans que l’on s’en aperçoive sur le moment. Mais le véritable danger n’est pas uniquement dans le volume sonore : il se situe surtout dans la dose de son, c’est-à-dire le temps d’exposition à un volume sonore donné. Même si ne nous sommes pas tous égaux face au son, vous trouverez ci-dessous un schéma indiquant les doses de son hebdomadaires à ne pas dépasser. Au-delà de ces durées, vous risquez de léser progressivement et définitivement votre audition et donc de ne plus profiter de la musique à long terme.

Quels sont les risques ?

Les réactions provoquées par des expositions prolongées à de forts volumes sonores sont variées : elles vont de la simple fatigue auditive à la lésion irréversible de l’oreille interne. En somme, elles peuvent être sans gravité ou irrémédiablement handicapantes. Symptômes temporaires. Après une sortie en concert ou discothèque, il peut arriver de ressentir des bourdonnements, des sifflements ou d’avoir une sensation d’oreilles cotonneuses. Ces troubles sont la plupart du temps temporaires et disparaîtront après un temps de récupération, dans le calme, de 6 à 12h. Mais si ces symptômes sont temporaires, il ne sont pas pour autant anodins : ils ont un caractère de mise en garde. Notre organisme nous indique par ce biais que, si l’exposition augmente, de graves lésions risquent d’apparaître rapidement.

La surdité. : Il existe différents types de surdité qui peuvent être causés par des expositions prolongées à de forts volumes sonores.

Les surdités de perception : elles mettent en cause l’oreille interne, le nerf auditif ou les centres nerveux et sont irréversibles. La conséquence est que le message reçu est perçu plus faiblement, avec des distorsions.

Les surdités de transmission : elles trouvent leur origine dans l’oreille externe ou l’oreille moyenne et sont éventuellement curables par la chirurgie ou un traitement antibiotique. Ce sont des surdités qui ne sont jamais totales, mais qui entravent la transmission des ondes sonores graves.

Les acouphènes :Ce sont des bourdonnements ou des sifflements souvent intermittents pouvant devenir permanents. Ils peuvent devenir extrêmement invalidants et entraîner des troubles de la concentration, du sommeil, parfois même des dépressions.

L’hyperacousie : Ce phénomène est plutôt rare. Il se traduit par une hypersensibilité, une perception amplifiée des sons. Cette hypersensibilité peut être particulièrement douloureuse et certains bruits deviennent insupportables.

Existe-t-il des traitements ?

Atteintes de l’oreille moyenne

Les lésions de l’oreille moyenne, telle que la rupture du tympan suite à une exposition à un volume sonore très élevé (supérieur à 120 dB), peuvent être plus ou moins bien soignées. Elles peuvent disparaître soit spontanément soit par le biais de la chirurgie. Le port d’une prothèse auditive peut aussi compenser ce type de lésions. Atteintes de l’oreille interne Les lésions de l’oreille interne sont quant à elles irréversibles lorsque les cellules cillées sont atteintes. Toute surdité, partielle ou totale, est définitive lorsqu’elle est due à la destruction de ces cellules car elles ne sont ni renouvelables, ni réparables.

Baisser le son ne suffit pas !

Après voir fait le tour des risques encourus, on est en droit de se demander pourquoi les lieux de concert ou les baladeurs ne sont pas limités à un niveau sonore garantissant une absence de risques ? En somme, pourquoi ne suffit-il pas de baisser le son ? Tout d’abord parce que, comme cela a été exposé plus haut, nous ne sommes pas tous égaux face au son. Par exemple, un individu fragile peut avoir des lésions graves après un concert alors que la grande majorité du public n’aura eu aucun trouble. Ainsi, si l’on voulait fixer un volume sonore maximum autorisé qui permette de prémunir chaque individu des risques auditifs, celui-ci devrait être particulièrement bas, ce qui altérerait considérablement le plaisir d’écouter de la musique. De plus, imposer un tel niveau sonore ne serait pas techniquement réalisable. En effet, certains instruments comme la batterie ou les cuivres peuvent dépasser naturellement les 100 dB, sans aucune amplification. Mais surtout, il ne faut pas oublier que le plaisir d’écouter de la musique, d’aller en concert, est souvent lié à un certain volume sonore. Un fort volume peut être source de bien-être, entraînant dans notre organisme des effets inverses de ceux produits par le stress.

En somme, l’écoute et la pratique des musiques amplifiées est une activité à risque parmi tant d’autres : escalade, sports de combat, sports automobile etc. Comme pour toutes ces activités, l’accompagnement est plus efficace que l’interdiction ou la restriction. C’est pourquoi une action d’information sur les risques auditifs et les bons réflexes à adopter est essentielle. C’est à chacun, en fonction de ses pratiques, d’adapter son comportement afin de limiter les risques.

Quels sont les bons réflexes à adopter ?

Consulter rapidement en cas de troubles auditifs persistants

Le premier réflexe à retenir est celui de réagir rapidement en cas de troubles persistants. Si vous ressentez des bourdonnements, des sifflements ou une sensation d’oreille cotonneuse qui se poursuivent durant quelques jours, allez vite consulter un médecin ou un ORL. L’oreille interne n’est pas réparable et les lésions peuvent rapidement devenir irréversibles, surtout si un traitement n’est pas entrepris. En concert, en free party, en discothèque...

Tenir compte de votre état de fatigue.

Si vous êtes fatigué vos oreilles sont fragilisées. De même, prenez en considération la dose de son accumulée dans la semaine : soyez particulièrement vigilant si vous avez déjà eu une exposition prolongée à de forts volumes sonores (par exemple, si vous avez déjà assisté à un concert dans la même semaine). Prenez garde à l’alcool, à la drogue, aux médicaments... En plus de déformer votre perception auditive, ils atténuent la sensation de douleur et vous rendent moins vigilant.

S’éloigner de la source sonore

Ne vous collez pas aux enceintes et essayez de respecter des temps de pause en vous isolant du son. Une pause de 10 minutes toutes les 45 minutes ou de 30 minutes toutes les 2 heures minimise les risques. Si vous ne pouvez pas ou ne voulez pas sortir du son, vous pouvez alors utiliser des protections auditives (bouchons en mousse). Etre attentif aux signaux d’alerte Si vous ressentez des bourdonnements, des sifflements ou une sensation d’oreilles cotonneuses, cela signifie que vos oreilles souffrent et qu’il est grand temps de les soulager. Vous pouvez alors faire une pause en quittant le lieu d’exposition ou bien mettre des protections auditives afin de pouvoir rester dans le son sans léser votre audition.

Avec un walkman

Pensez à contrôler le volume. Si vous écoutez votre walkman à fort volume (95 dB) au-delà d’une heure par jour, vous endommagez progressivement votre audition. En diminuant le volume, vous pourrez prolonger le temps d’écoute tout en réduisant le risque. Vous êtes musicien, DJ, sonorisateur ? Lorsque vous pratiquez régulièrement, vous êtes particulièrement exposé. Une batterie frappée fort dégage naturellement un volume pouvant atteindre 110 dB. Dans un local de répétition non adapté, le volume tourne autour de 100 dB, voire 110 dB. En concert ou en free party, le volume peut atteindre en moyenne 105 dB (limite légale. Cf. point sur la législation).

  • Prenez conscience des volumes sonores auxquels vous êtes exposé lors de vos répétitions ou sur scène et essayez de les gérer :
  • Mesurez les volumes sonores à l’aide d’un sonomètre
  • Amortissez la réverbération sonore de votre local de travail
  • Essayez de gérer individuellement et collectivement à la baisse votre niveau sonore en recherchant systématiquement cet objectif lors de véritables balances.
  • Adoptez quelques réflexes simples afin de pouvoir pratiquer la musique encore longtemps :
  • Apprenez à détecter et à interpréter les symptômes d’oreilles en souffrance (sifflements, bourdonnements, sensation d’oreille cotonneuse)
  • Habituez-vous à gérer vos temps de répétition et de travail en faisant des pauses régulières (10 minutes toutes les 45 minutes ou 30 minutes toutes les deux heures).

Si vous ne pouvez pas agir autrement sur votre exposition, vous pouvez utiliser des protections auditives.


Contributeur(s) initial(ux)

Picardia

Suivre les commentaires : RSS 2.0 | Atom

Vous pouvez aussi laisser un commentaire sur cet article

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.