Céréales, Blé

Culture des céréales en Picardie

Le blé a perdu sa place de première production régionale au profit de la betterave. Mais grâce à la forte progression des rendements, la quantité de blé représente un cinquième du chiffre d’affaires de l’agriculture picarde.

La verse du blé
Blé « versé » à Champs Crédits : CRDP Amiens

Nous sommes au printemps, et un champ de céréales a vu sa couleur virer au jaune. Les grains ont grossi de taille et se sont remplis, la tige a poussé. Celle-ci est de moindre résistance pour un poids qui se fait plus pesant. La verse menace, d’autant plus que le vent souffle. Voilà, le mal est fait : les épis se sont couchés sur le sol, d’où ces taches foncées sur l’image. Et ceci rendra plus difficile la maturation du grain, leur séchage avant la fauche. Ce phénomène de la verse s’est développé du fait de l’arasement des talus dans les paysages d’openfield. Le vent ne trouve plus de haies sur sa route, qui permettaient d’en limiter les effets néfastes sur les céréales.

L’agronome est donc intervenu au service de l’exploitant agricole. Les variétés de céréales se sont multipliées grâce à la recherche scientifique (près de 30.000 pour le blé), celle-ci privilégiant certaines qualités de la plante en fonction des besoins de l’agriculteur : la résistance à l’égrenage sur pied qui facilite la récolte, la faible longueur de la tige qui augmente le rapport favorable entre la paille et le grain (la polyculture-élevage étant en recul, point n’est besoin de toutes cette paille …). Ainsi que la résistance à la verse. Et s’il y a besoin, l’industrie phytosanitaire s’est, pour sa part, chargée de créer des produits « racourcisseurs de tige ».

La moisson


Moisson à Vron Crédits : CRDP Picardie

La Picardie est la seconde région française pour la production de céréales. Début juillet, la moisson du blé bat son plein. La nuit même n’arrête pas certains agriculteurs qui récoltent à la lueur des projecteurs. Les épis, coupés par les pales placées à l’avant de la moissonneuse-batteuse autotractée, sont engloutis dans la machine où ils sont battus pour en extraire le grain. La paille est rejetée derrière l’engin. Le grain est soit, comme ici, déversé aussitôt dans une remorque qui chemine à côté de la moissonneuse, soit stocké dans un réservoir interne vidé périodiquement. Il est porté aux silos de la coopérative, ou, dans les propres silos de l’agriculteur. Cette dernière pratique, plus rémunératrice pour le paysan, exige de la place et de lourds investissements car elle nécessite une installation de séchage des grains. Le blé, stocké pour une période qui dépend des cours et des besoins en argent de l’agriculteur, est expédié dans la région parisienne ou le Nord de la France afin d’être transformé en farine ou bien exporté par Rouen ou Anvers. La paille, comprimée en rouleaux de près de 2 m de diamètre, sera stockée pour servir de litière aux bovins. Dans les fermes sans animaux, elle est broyée et abandonnée au sol.

Contributeur(s) initial(ux)

Désiré Emmanuel (CRDP d’Amiens) ; Picardia

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