Bâtiments agricoles

Évolution des matériaux

Les matériaux utilisés aujourd’hui par les agriculteurs pour leurs bâtiments agricoles ne sont pas tous du meilleur goût dans l’environnement. On en vient à regretter le torchis et le bois.


Bâtiment agricole en torchis - Bât Crédits : CRDP d'Amiens

Le torchis

L’usage du torchis pour la construction des murs des habitations est attesté dès l’Age du fer en Europe occidentale, chez les Celtes.

À Samara, dans la vallée de la Somme, ou à Marle, dans le Nord de l’Aisne, les musées de ces « temps barbares » nous montrent des exemples de reconstitution de ces habitats anciens.

Ceux-ci sont typiques de nos régions où les veines de terre argileuse abondent à la surface des sols. Le noble matériau, qui fissure et colle aisément, se doit d’être renforcé et lié par une paille fine, de lin le plus souvent. Développé au Moyen Âge, du XIVe au XVIe siècle notamment, le torchis continue à équiper les façades des maisons rurales jusqu’au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.

Le torchis est un matériau de remplissage en même temps qu’un enduit de façade. Sur un colombage assez sommaire, des clayonnages, faits de bois souples, fibreux et résistants - du châtaignier fendu par exemple – reçoivent ce mélange appliqué à la main, puis taloché.

Sa préparation, par foulage aux pieds, comme sa manipulation, requièrent une main d’œuvre abondante, les voisins et la famille en règle générale. Le traditionnel « coup de main », le « don contre-don » des ethnologues. La réalisation d’un mur en torchis, sa restauration également, se font donc au profit d’un échange social accru à l’intérieur de ces sociétés rurales.

Aujourd’hui, ses différentes qualités propres (isolation thermique et phonique, coût modique, approvisionnement local …), ainsi que les préoccupations environnementales nouvelles – le développement durable ! – sont à l’origine d’un regain d’intérêt pour l’antique matériau. Au cours des dernières décennies, nombre d’associations locales se sont employées à réhabiliter les façades délabrées des villages et à faire perdurer l’ancestrale technique du torchis. Les professions du bâtiment se sont emparées de ce marché et le torchis est désormais préparé mécaniquement en usine.

Ces belles couleurs ocre vont donc continuer à orner les façades des granges et des habitations de nos campagnes picardes, pour le plus grand plaisir de l’œil du promeneur, du photographe.

Grange d’une ferme du Noyonnais à Salency


Grange à Salency Crédits : CRDP d'Amiens

Salency est situé à l’est de Noyon près de l’abbaye d’Ourscamp, dans la vallée de l’Oise.
Cette grange se compose de divers matériaux de construction.
Les pignons sont en pierre calcaire, les murs en torchis avec un appareil en pan de bois apparent. La toiture est en ardoise.

La tôle


Bâtiment agricole en tôle Crédits : CRDP d'Amiens

Si l’industrie est le propre de la ville, les campagnes ne sont pas demeurées à l’écart de ses influences, des nouveaux traits de civilisation qu’elle a fait naître. Au XIXe siècle, l’exode rural vide lentement les villages de France d’une partie de sa main d’œuvre en surplus.

Le chemin de fer et l’installation de lignes secondaires mettent également ses paysans davantage à la portée des marchés urbains. Plus tard, dans l’entre-deux-guerres, l’électrification des foyers, source d’un confort accru, est visible dans le paysage.

Avec les années 1960, le mouvement de concentration des exploitations agricoles, ainsi que la mécanisation des techniques de culture rendent nécessaire la construction de nouveaux lieux de travail, de vastes hangars.

 la périphérie de l’agglomération ou accolés à l’ancienne ferme familiale, ces imposantes bâtisses donnent aux campagnes un semblant d’usine.

Avec le travail agricole et ses habitudes, c’est l’aspect du bâti, murs et toits, dans les espaces ruraux qui s’en trouve également changé.

Le parpaing, issu des cimenteries industrielles supplante la brique et l’antique torchis. Les tôles ondulées apparaissent. Plus commode à installer que la tuile et surtout moins couteuses, celles-ci peuvent aussi faire office de murs, en bardage.

Adieu les portes des granges en bois… Le nouveau bâtiment doit laisser passer les tracteurs, les moissonneuses batteuses, les camions de livraison.

Ces nouveaux matériaux signifient aussi de nouvelles couleurs pour le regard du passant, gris et bleu, à coté du rouge et de l’ocre...qui réapparaissent avec la rouille !

 

Contributeur(s) initial(ux)

Picardia ; CRDP Picardie

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