Bassins de décantation des industries agro-alimentaires de Picardie

Conséquences sur la faune picarde

Les nouveaux processus d’épuration et de recyclage mis en place par des industries agro-alimentaires plus concentrées sont une menace pour l’avenir des populations d’oiseaux ayant exploité les bassins de décantation en substitution des zones humides naturelles dégradées.

Quels sont les effets des activités agroalimentaires, notamment de l’industrie sucrière, sur la faune picarde.

Avocette Crédits : ANN, NATURGESCHICHTE DER VÖGEL MITTELEUROPAS

Ce sont des sites d’un intérêt ornithologique remarquable

Réputée pour ses zones humides, et notamment sa baie de Somme, la Picardie est aussi une terre de grandes cultures à l’origine d’une industrie agro-alimentaire puissante : la production de betteraves, pommes de terre, légumes de pleins champs alimente conserveries de légumes, féculeries, sucreries ... Celles-ci produisent des effluents qui ne peuvent être rejetées dans la nature sans épuration préalable. C’est la raison d’être des bassins de décantation qui reçoivent les eaux usées des industries concernées en vue de procéder à leur épuration avant rejet dans le milieu : les eaux reçues sont fortement chargées en matière organique, ce qui limite la diversité des espèces capables de supporter un tel milieu de vie mais s’accompagne d’un foisonnement des quelques espèces tolérantes.

C’est ainsi, par exemple, que certains bassins présentent une abondance exceptionnelle de chironomes, lesquels constituent un mets de choix pour de nombreux oiseaux d’eau.

La Picardie a ainsi accueilli le premier cas national de nidification du Tadorne de Belon à l’intérieur des terres, alors que ce canard brillamment coloré niche d’ordinaire sur le littoral. Elle reste en ce début du 21 ème siècle, avec la Région Nord Pas de Calais et la région Champagne Ardenne, un des bastions continentaux pour la reproduction de ce canard maritime. L’abondance de la nourriture ainsi que la quiétude de la plupart des bassins (favorisée par la puissance de l’ambiance olfactive qui y règne !) favorisent la reproduction de nombreuses autres espèces peu communes à rares : Mouettes rieuses, Grèbes à cou noir, Avocettes ... Lors des migrations, de nombreux petits échassiers (Limicoles, tels que les Chevaliers gambettes, aboyeurs, guignettes, culblancs, sylvains, arlequins ...) font halte dans les bassins de décantation tandis que l’importance des stationnements automnaux et hivernaux d’oiseaux d’eau de toutes espèces est largement déterminée par l’exercice de la chasse.

La concentration des industries agro-alimentaires, et en particulier des sucreries, la fermeture consécutive de certaines unités de production de même que la modification des processus d’épuration constituent des menaces considérables pour l’avenir des populations d’oiseaux ayant exploité ces milieux de substitution, bien utiles pour eux dans un contexte durable de raréfaction et de dégradation des zones humides naturelles.

Contributeur(s) initial(ux)

LAVAL Nadine ; Rigaux Thierry

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